J'habite un village connu et touristique sur la Côte d'Azur, situé à environ 15 kilomètres et 20 minutes de la mer. Je souhaitais acheter dès 2002, mais, de mal en pis, je suis resté locataire.
"Je" suis un couple avec 2 enfants, des professions de cadres. En 2002, je pouvais mettre 1,8 MF (275 000 euros) dans une maison (20-25 années d'emprunt). Après avoir hésité sur différentes opportunités en 2002/2003 (le temps de connaître le marché et de trouver mon bonheur), je me trouve face à plusieurs oportunités qui ne me satisfont pas (constructions type Phénix, grosses mitoyennetés, éloignement de plus d'une heure de mon lieu de travail), tout en étant inquiet sur mon crédit (proche 300 000 euros).
En 2003/2004, les prix ayant monté, je ne visite plus que des "invendables" (grosses malfaçons, problèmes juridiques, agrandissements non autorisés, zones inondables, zones industrielles, limite de route très passante ou entre deux routes, face cimetière... on m'aura tout fait). Souvent la surface habitable annoncée n'y est pas (sous comble, caves aménagées, constructions biscornues, très anciennes), le garage est inexistant, le terrain est petit ou inaccessible.
Je me tourne vers la construction mais les terrains dans mes prix sont peu engageants (très pentus donc énormes frais de construction, isolés, sans soleil...). D'autres idées viennent (achat à plusieurs, ventes aux enchères...) mais, à chaque fois, les projets n'auraient pas pu tenir la route.
2005 : les prix se sont envolés. Les pavillons de 100 m² en plain pied (mon rêve) ne sont plus accessibles qu'aux fortunés ou à ceux qui possèdent déjà un bien immobilier, mais point aux "primo-accédants", comme l'on nous appelle. Pour 275 000 euros, un pavillon avec jardin n'en fera guère plus que 50. Et dire que nous vivions dans 55 m² avant d'avoir des enfants, et qu'à l'arrivée du premier nous avons déménagé pour plus grand !
Désormais, j'attends les années à venir pour espérer enfin un jour cesser de louer et acheter 100m².
Depuis longtemps, je souhaite partager mon dégoût de l'immobilier. Je cache volontairement les noms des villes et de toute personne afin de préserver l'anonymat des vendeurs dont je fais l'éloge.
